La compagnie Air France soumet son personnel naviguant à un règlement intérieur qui a pour conséquence qu'un steward, kamite de son état (non, ce n'est pas une maladie) se voit refuser le port d'une coiffure adaptée à sa nature de cheveux et à sa texture. Dans une de ses éditions d'information de Novembre 2011, la chaîne TV France O rapporte que Abou, steward de profession, pour respecter le réglement intérieur de son employeur est contraint au port d'une perruque pour camoufler ses locks. Retour sur ce reportage très emblématique en ce qui concerne le cheveu dit crépu et sa perception par les non porteurs et les porteurs de ce cheveu.
Voici un extrait tel que diffusé par la chaine d'information France O (cliquer pour regarder le reportage); du règlement intérieur de Air France à destination de son personnel naviguant :
Les cheveux doivent être coiffés de façon extrêmement nette
Classique et limitée en volume
La coiffure doit garder un aspect naturel
Longueur limitée dans la nuque au niveau du bord supérieur de la chemise
Mèche limitée à mi-front
....
Longueur des "pattes" ne dépassant pas la partie médiane de l'oreille
Le crâne rasé ou le rasage partiel est interdit.
Si n'importe quel employeur a la latitude d'édicter des règles pour ses employés, notamment au sujet de l'apparence, quelques remarques peuvent être apportées.
Voici les caractéristiques du cheveu kémite, (abusivement appelé crépu car, ce n'est pas une maladie ni un stigmate.)
Le cheveu kémit est un cheveu ourlé, en forme d'hélice d'adn ou de ressort.
Il s'exprime surtout en volume. Plus il est long, plus il est volumineux.
Les coiffures qui lui sont adaptées sont des coupes tressées : nattes, vanilles, locks, etc... et constituent des mises en forme classiques pour ce cheveu
La mise en forme de ces coiffures peut aller du crâne au dos en fonction de leur longueur.
Questions :
Comment donc une personne portant un cheveu de type kemit peut elle arborer une coiffure classique sous entendue lissée ou ressemblant aux critères d'un cheveu de type caucasien, sans altérer d'une façon ou d'une autre son cheveu? Le but du règlement intérieur de toute entreprise n'est il pas de mettre tous les salariés au même niveau d'égalité et dans ce cas, cette égalité est elle respectée dès lors qu'il faille dénaturer sa chevelure pour copier celle d'un autre salarié ? Entre t'il dans les attributions d'un employeur d'obtenir de ses salariés qu'ils modifient la texture de leur cheveu pour imiter celle d'un autre salarié dont l'apparence et les caractéristiques capillaires sont érigées en norme absolue ?
Pourquoi Abou ne porte t'il pas une perruque "crépue"?
Cette question mérite amplement d'être posée. Il est dommage que dans le reportage, il n'y ait aucun éclairage sur ce point. En se basant sur la personnalité de Abou et de ce qu'il dit dans ce reportage, il est fortement probable que la texture caucasienne de la perruque lui a été imposée par sa hiérarchie. Au regard des "droits de l'homme" (lequel? Pas Abou en tout cas ;) ), ce procédé est innommable, discriminatoire. Il révèle une haine du cheveu africain ou kémite et une forme de rejet épidermique. Le choix de la coiffure du steward en devient secondaire. Si ce n'était pas le cas, il mettrait une coiffure "crépue" et l'affaire n'aurait jamais existé. C'est donc, bien le cheveu en lui même qui est visé par ces mesures : Juliette Smeralda, interviewée, elle aussi dans ce reportage, a totalement raison d' évoquer le thème de la domestication. Voici une définition donnée par Wikipédia :
En conséquence, ce type de règlement intérieur ou de système, de part les effets produits, ne nous permet même pas d'accéder à la table de l'humanité et nous en barre l'accès. Nos cheveux ne révèleraient que notre état d'animalité qu'il serait sage de cacher voire de destructurer par tout moyens y compris à notre corps défendant. Est ce la raison pour laquelle le reportage est atténué par divers témoignages de kamites eux mêmes n'appréciant pas leur cheveu ?
La domestication d'une espèce, animale ou végétale, est l'acquisition, la perte ou le développement de caractères morphologiques, physiologiques ou comportementaux nouveaux et héréditaires, résultant d’une interaction prolongée, d'un contrôle voire d'une sélection délibérée de la part des communautés humaines.
Un reportage perverti
Quand un système est bien huilé, il est vraiment délicat de le remettre en cause sans chercher des artifices destinés à en minimiser les effets pervers tout en faisant semblant de les dénoncer. Le final de ce reportage est très troublant. Il revient à dire ceci :"eux même n'aiment pas leurs cheveux et font tout pour les cacher et les rendre raides, mais dès qu'il s'agit d'un règlement intérieur ou d'une loi qui traduit cet état de fait, alors, il y a un souci". En somme, d'aucuns devraient comprendre que ce n'est là qu'un prétexte pour Abou de ne pas respecter les règles de son entreprise, en plus de ne pas suivre ce qui serait la majorité, (vu le nombre de personnes aux cheveux défrisés et refusant de les porter interviewés dans ce reportage).
Nous voilà donc pris au piège d'un système négrophobe en ce sens qu'il édicte directement ou indirectement des normes caucasiennes pour les autres races, qu'il (le système) s'empresse ensuite de mettre à l'initiative de ses victimes. Et quand c'est trop évident pour être le cas, i.e accuser la victime, les moyens de dénoncer les effets pervers de cette suprématie, deviennent encore un autre moyen de conforter cette domination.

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